Journée d'études internationale

Associons
nos savoirs

Lundi 24 septembre 2018

Les pratiques professionnelles de l’action sociale et de la santé doivent mieux répondre aux attentes de la société du 21ème siècle : participation, reconnaissance, prise en compte des personnes. Pour cela, un levier est essentiel : l’expertise des personnes concernées par les soins et les accompagnements sociaux doit être intégrée à la formation initiale et continue.

Issu d’un travail collectif international de plusieurs années, « Associons nos savoirs » mobilise à la fois les secteurs de la santé et de l’accompagnement social. Il fait suite à la Déclaration de Vancouver de 2015, qui posait les bases d’une participation citoyenne à la formation professionnelle, mais avec une orientation surtout sanitaire.

« Associons nos savoirs » adopte une approche volontairement transversale, au-delà des métiers et des repères règlementaires habituels. C’est à un progrès démocratique à part entière qu’il espère contribuer, dans le sens de plus de fraternité et de plus de solidarité.

Nous, parties prenantes des soins et des accompagnements au titre de l’action sociale et de la santé, constatons :

  • Que la participation des personnes concernées à la formation initiale et continue améliore la qualité et l’efficacité des soins et des accompagnements
  • Que ceci a été montré par des travaux de recherche internationaux. Cette participation, en donnant aux professionnels accès aux savoirs et aux réalités vécues par les personnes, développe leur capacité d’attention à autrui, favorise les processus de décision partagée concernant les soins et les accompagnements, tout en contribuant au pouvoir d’agir et à la dignité des personnes
  • Que les pays où cette participation se développe bénéficient de politiques publiques clairement affichées, avec des moyens effectifs de mise en œuvre.
  • Qu’en dépit d’un cadre législatif et réglementaire destiné à favoriser, en France, la participation des personnes aux dispositifs de soins et d’accompagnement social, un réel décalage demeure entre intentions et discours officiels d’une part, pratiques réelles d’autre part. En outre, ces dispositions concernent trop peu les processus de formation initiale et continue, pour lesquels une révolution culturelle reste à faire.
  • Que l’une des raisons de cette situation est notre difficulté à ce que des initiatives dont la valeur ajoutée a été démontrée soient valorisées, reconnues, généralisées.

Conscients que des résistances persistent, mais convaincus qu’elles peuvent et doivent être surmontées, nous souhaitons :

  1. Affirmer notre conviction que l’accompagnement social et le soin ne peuvent se construire sans tenir compte du vécu et du retour d’expérience des personnes qui en bénéficient. A ce titre, la participation de ces personnes est indissociable du travail social comme du soin
  2. Permettre aux professionnels de l’accompagnement et du soin, grâce à cette participation, de renforcer et de renouveler le sens de leur métier et de leur engagement
  3. Promouvoir la place des patients et des personnes accompagnées dans la formation, en s’appuyant sur leurs capacités et ressources propres, et sur celles des communautés auxquelles ils appartiennent (familles et proches, associations, mouvements, quartiers, territoires…)
  4. Reconnaître la légitimité de leur contribution à toutes les étapes du processus de formation : construction des référentiels de compétences des professionnels, élaboration des référentiels de formation, conception des programmes, animation et évaluation des actions pédagogiques
  5. Faire partager la conviction que leur contribution aux dispositifs de formation permet l’émergence d’une relation renouvelée, plus équilibrée et donc plus féconde pour les personnes et les professionnels comme pour les communautés
  6. Affirmer que leur implication est bénéfique pour l’amélioration des postures et des pratiques professionnelles
  7. Soutenir le développement de la participation des personnes accompagnées et des patients à la formation parce qu’elle est aussi une opportunité pour eux d’acquérir de nouvelles compétences, de trouver une légitime reconnaissance et en conséquence, de développer un pouvoir d’agir plus important, à la fois pour eux-mêmes et pour leur environnement. Un accompagnement de toutes les parties prenantes sera nécessaire pour réussir cette mutation culturelle exigeante pour les personnes, les organisations et la Cité

Rejoignez dans la démarche les membres du comité de pilotage Associons nos savoirs Samira Bekhti Cabinet Oratorio, François Blot, réanimation, Institut Gustave Roussy, Marie-Pierre Bougenot APF France Handicap, Agnès Brousse, UNAF, Nicolas Brun UNAF, Alice Casagrande FEHAP, Catherine Cerisey patiente enseignante, Marie Citrini patiente enseignante, Marina Drobi Comité interministériel du handicap, Jean-Christophe Guillemin étudiant en soins infirmiers, Matthieu Elgard formateur, Véronique Ghadi HAS, Clotilde Girier formatrice, Olivia Gross Université Paris 13, Marcel Jaeger Le Cnam, Emmanuelle Jouet Laboratoire de recherche de Maison Blanche, Carole le Floch élue au Conseil régional des personnes accueillies/accompagnées d’Ile-de-France, Isabelle Monnot IFSI Montceau, Paul Morin Université de Sherbrooke, Michel Naiditch Institut de Recherche et de documentation en économie de la santé, Nadine Sguerzi Institut de formation Fondation Œuvres de la Croix-Saint-Simon, Muriel Varenne CARE Conseil.

Et les premiers signataires Sophie Behar aidante familiale, Raoul Dubois administrateur de la fédération des acteurs de la solidarité région Hauts-de-France, Jean-Baptiste de Foucauld et Pierre Guilhaume, coordinateurs du Pacte Civique, Céline Soulas, Économiste de la Santé, BSB Dijon, Sidi-Mohammed Ghadi, représentant des usagers Assistance Publique Hôpitaux de Paris, Gabrielle Chouin CPE Éducation Nationale, chercheur pair, formatrice jeune expert, administrateur ADEPAPE 94, Olivier Las Vergnas professeur à l’université de Lille, Giovanna Marsico Déléguée au service public d’information en santé, Annie Morin représentante des usagers au sein du système de santé (France Rein), André Rieutord Référent médical éducation thérapeutique pour le groupement hospitalier Paris-Sud (AP-HP), Audrey Decottignies coordinatrice médicale UTEP territoire T2-T12, GH Paris-Sud (AP-HP), Elisa Chelle, Université Lyon 3 / Sciences Po, Juliette Laganier directrice générale du GIP Habitat et Interventions Sociales, Yvanie Caillé fondatrice de Renaloo

Pour soutenir la déclaration Associons nos Savoirs, ou en savoir plus, contact : alice.casagrande@fehap.fr


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